C’est une vraie levée de boucliers qui s’est produite sur les réseaux sociaux lorsque les habitants de Burkina ont eu connaissance du cadeau que la société Huawei avait fait à 127 députés. Il s’agissait d’une tablette tactile de la marque. Le coût total de ce cadeau avoisinerait les 100 000 euros. Mais suite aux protestations des réseaux sociaux, les députés ont décidé de rendre leurs tablettes.

C’est le gouvernement du Burkina qui avait distribué les 127 tablettes offertes par la compagnie chinoise lors d’une véritable opération de communication le 10 novembre dernier. De nombreux journalistes étaient présents lors de cet événement.

Violation d’une lois anti-corruption

Alors que la Chine et le Burkina n’ont plus aucune relation diplomatique depuis 1994, le fait qu’une entreprise chinoise fasse ce genre de cadeaux à des députés a engendré quelques soupçons. Il s’avère que Huawei venait de remporter, 5 mois plus tôt, un marché important de 7,5 millions d’euros visant à construire une fibre optique entre Ouagadougou et la frontière de Ghana.

Pour la presse, les associations et le peuple burkinais, il ne faisait aucun doute que le cadeau fait par l’entreprise chinoise violait les dispositions d’une nouvelle loi anti-corruption adoptée en 2015. Celle-ci interdit à tout agent public d’accepter des cadeaux dont la valeur est supérieure à 50€. Les tablettes reçues par les députés dépassaient largement ce plafond.

Suite à la protestation grandissante dans les médias et sur les réseaux sociaux, les députés se sont résolus à rendre ces tablettes tactiles au gouvernement. Cependant, ils estiment que la loi de 2015 n’a absolument pas été bafouée puisque les tablettes avaient été distribuées par le gouvernement et que ces cadeaux devaient être considérés comme des appuis institutionnels.

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